Il y a des plats qui font basculer les habitudes d’une famille. Un dimanche, j’ai posé sur la table non pas un poulet rôti doré au four… mais un poulet à l’italienne façon cacciatora, mijoté au vin blanc, aux herbes et à l’ail. Depuis ce jour, on me réclame cette recette à chaque repas de famille. Si vous aussi, vous avez envie de changer du rôti sans perdre le côté réconfortant, cette recette pourrait bien devenir votre nouvelle tradition.
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Qu’est-ce que le poulet « alla cacciatora » ?
Le poulet à la cacciatora vient de la cuisine rurale italienne. Son nom signifie littéralement « à la manière des chasseurs ». L’idée est simple : une cocotte, de la viande, du vin, des herbes, et un feu doux qui fait tout le travail.
Ce plat était préparé avec ce que l’on avait sous la main. Un peu de romarin, de sauge, de l’ail, un trait de vinaigre pour réveiller le goût de la viande. Rien de sophistiqué, mais des parfums profonds et chaleureux. On est loin des sauces lourdes. Ici, la chair reste tendre et le goût du poulet bien présent.
Dans la version que je vous propose, on reste très fidèle à cet esprit paysan. Peu d’ingrédients, mais du temps de cuisson et des arômes qui se répondent. Parfait pour un repas du dimanche, mais aussi pour un soir de semaine où l’on a besoin de réconfort.
Les ingrédients pour 4 personnes
Pour préparer ce poulet à la cacciatora qui fait oublier le poulet rôti, prévoyez pour 4 convives :
- 4 cuisses de poulet (avec la peau, environ 1,2 kg au total)
- 2 c. à soupe d’huile d’olive
- 15 cl de vin blanc sec (type pinot grigio, sauvignon, ou un blanc de table correct)
- 50 cl de bouillon de légumes (ou de volaille, maison ou reconstitué)
- Sel fin
- Poivre noir moulu
Pour le hachis d’herbes parfumé :
- 4 gousses d’ail
- 8 feuilles de sauge fraîches (ou 1 c. à café de sauge séchée, bien tassée)
- 4 brins de romarin frais (ou 1 c. à café de romarin séché)
- 10 cl de vinaigre de cidre
Optionnel, mais délicieux :
- 1 oignon jaune émincé finement
- 2 c. à soupe d’olives noires dénoyautées, si vous aimez une touche méditerranéenne plus marquée
Préparation : une recette simple, qui mijote toute seule
Ce que j’aime avec ce plat, c’est qu’il ne demande pas de technique compliquée. Une fois la cocotte lancée, vous avez presque les mains libres. Voici les étapes, pas à pas.
1. Préparer le hachis d’herbes
Pelez les 4 gousses d’ail. Hachez-les le plus finement possible au couteau. Ajoutez les feuilles de sauge et les aiguilles de romarin (retirées des tiges), puis hachez le tout ensemble jusqu’à obtenir une sorte de pâte grossière.
Versez cette préparation dans un bol. Ajoutez les 10 cl de vinaigre de cidre. Mélangez. Laissez reposer à température ambiante pendant que vous commencez la cuisson du poulet. Les arômes vont ainsi se développer.
2. Dorer le poulet pour une peau croustillante
Dans une grande cocotte, faites chauffer 2 c. à soupe d’huile d’olive à feu moyen-vif. Salez et poivrez les 4 cuisses de poulet sur toutes les faces.
Quand l’huile est bien chaude, déposez les cuisses dans la cocotte, peau vers le bas. Laissez-les dorer environ 12 à 15 minutes par face. L’objectif : une peau bien dorée et croustillante, sans brûler. Si vous utilisez l’oignon, ajoutez-le après 5 minutes de cuisson pour qu’il devienne blond sans trop colorer.
3. Déglacer au vin blanc et ajouter le bouillon
Quand le poulet est bien coloré, versez les 15 cl de vin blanc sec dans la cocotte. Le liquide va grésiller, c’est normal. Grattez légèrement le fond avec une spatule en bois pour récupérer les sucs de cuisson.
Laissez le vin réduire pendant 3 à 4 minutes, à feu moyen. Ajoutez ensuite les 50 cl de bouillon de légumes. Mélangez délicatement pour bien répartir le liquide autour des cuisses. Si vous aimez les olives, ajoutez-les maintenant.
4. Laisser mijoter doucement
Couvrez la cocotte, mais pas complètement. Laissez un petit espace pour que la vapeur puisse s’échapper. Baissez le feu sur moyen-doux. Laissez mijoter pendant 35 à 40 minutes.
Retournez les cuisses toutes les 10 à 15 minutes pour une cuisson bien homogène. Le bouillon va peu à peu réduire. La sauce va s’épaissir, concentrer ses saveurs, et le poulet va devenir très tendre.
5. Ajouter le hachis d’herbes en fin de cuisson
Quand le niveau de liquide a bien baissé et que le poulet commence à rissoler à nouveau, versez le hachis d’ail, de sauge et de romarin avec le vinaigre dans la cocotte.
Mélangez doucement pour napper les cuisses sans les abîmer. Laissez cuire encore 5 à 8 minutes à feu doux. Les herbes vont parfumer la sauce, le vinaigre va apporter une note vive qui réveille tout le plat. Goûtez, rectifiez en sel et en poivre si besoin.
Avec quoi servir ce poulet à la cacciatora ?
C’est là que tout se joue. Ce plat appelle une garniture simple, qui absorbe bien la sauce. Chez nous, on a trois favoris, que l’on alterne selon l’humeur.
- Pommes de terre sautées : en cubes, dorés à la poêle dans un peu d’huile d’olive, puis mélangés dans la sauce au moment de servir.
- Purée maison : 800 g de pommes de terre, 20 cl de lait, 40 g de beurre. La texture douce de la purée contraste avec la sauce acidulée.
- Légumes verts : une tombée d’épinards frais, des haricots verts vapeur, ou même des courgettes poêlées à l’ail.
Pour un repas plus typiquement italien, vous pouvez aussi servir ce poulet avec :
- Polenta crémeuse : 250 g de polenta fine cuite avec 1 l d’eau ou de bouillon, un peu de parmesan râpé à la fin.
- Pâtes courtes : penne, rigatoni ou fusilli, juste cuites al dente et mélangées avec un peu de sauce de la cocotte.
Quelques variantes pour surprendre votre famille
Une fois que cette base est maîtrisée, vous pouvez vous amuser à varier un peu. Toujours avec le même principe : peu d’ingrédients, mais du goût.
- Version lapin ou veau : remplacez les cuisses de poulet par 1,2 kg de morceaux de lapin ou d’épaule de veau. Adaptez juste la cuisson, qui peut prendre 10 à 15 minutes de plus pour le veau.
- Version plus tomatée : ajoutez 200 g de pulpe de tomate en même temps que le bouillon, pour une sauce plus rouge et légèrement sucrée.
- Version sans alcool : retirez le vin blanc et remplacez-le par 10 cl de bouillon + 5 cl de jus de pomme ou de raisin blanc non sucré.
L’important est de garder l’équilibre entre le gras du poulet, l’acidité du vinaigre, et le parfum des herbes. C’est ce trio qui fait toute la magie de la recette.
Un plat qui rassemble autour de la table
Ce poulet à la cacciatora a quelque chose de très particulier. Il sent bon dès l’entrée dans la maison. Il réchauffe la cuisine et met tout le monde en appétit. Et surtout, il se pose au centre de la table, dans sa cocotte, prêt à être partagé.
C’est un plat convivial, parfait pour un dimanche en famille, un dîner entre amis, ou même un repas improvisé où l’on veut faire plaisir sans passer des heures derrière les fourneaux. Il supporte très bien d’être réchauffé, et certains disent même qu’il est encore meilleur le lendemain.
Si vous avez envie de bousculer un peu la tradition du poulet rôti, sans perdre le côté simple et familial, essayez cette recette italienne. Vous verrez, une fois que votre famille aura goûté à cette viande tendre, à cette peau croustillante et à cette sauce parfumée, le poulet du dimanche ne sera plus jamais tout à fait comme avant.

